Benoit Coste

  • « Le Monde d'Avant est en train de s'effondrer, ou n'existe déjà plus. Il faut construire le Monde d'Après. Le réinventer. Changer les mentalités, les modes de fonctionnement. Six grands noms de la science-fiction échafaudent des univers possibles, à portée de main, qui sont autant de raisons de croire en l'avenir, en un avenir désirable. Vous ferez la connaissance de Violette, Agnès, Yüna, Karl, Gwen, Sofia et des habitants de la Douceur... Que ces personnages de fiction vous accompagnent dans vos rêves d'une société solidaire plus juste et plus humaine. » Denis Guiot, directeur de l'anthologie.

  • Cinq ans après la publication du Parti pris des choses (1947), Ponge écrit : « petit à petit, les réponses viennent, au bout de très longtemps, cela. Il y a des preuves de lecture, il y a un article dans un journal, et brusquement on se trouve changé. On se trouve changé comme quand on se voit dans une glace pour la première fois. ... On se trouve changé et on est changé ». Ces mots manifestent une conscience aiguë, chez un auteur qui commence à peine, à 48 ans, à rencontrer un public, du fait que le lecteur (aussi) fait le texte, et qu'il faut à l'écrivain en tenir compte. « De la modification des choses par la parole » : cela vaut également pour cette chose qu'est l'oeuvre de Ponge, une fois posée dans l'espace public. En proposant « Ponge et ses lecteurs » à la réflexion, cet ouvrage entend donner leur pleine mesure à ces événements de lecture qui sont advenus à Ponge et à son oeuvre, ceux qu'il évoque en 1947, de même que les nombreuses altérations et reconfigurations qui sont intervenues depuis lors (fabriquant tour à tour un Ponge rhétoricien, phénoménologue à tendance existentialiste, textualiste tel-quelien, lyrique malgré lui, littéraliste aux avant-postes, etc.), événements que contient maintenant aussi le nom de « Ponge ».
    Ce volume propose également, et logiquement, 55 lettres inédites de la correspondance entre Francis Ponge et son père Armand. Des Douze petits écrits (1926) au Pour un Malherbe (1965) en passant par « Le Soleil placé en abîme » (1954), le destinataire emprunte en effet de façon récurrente les traits d'une figure paternelle. Cette correspondance confirme l'importance jouée par Armand Ponge comme lecteur de son fils, l'encourageant à être l'écrivain qu'il commence tout juste à devenir. Plus généralement, cette correspondance, qui s'étend de 1916 - année où Francis quitte sa famille installée à Caen pour entrer en classe préparatoire au lycée Louis-le-Grand à Paris - à 1923, - année de la mort d'Armand Ponge - cette correspondance éclaire des années de formation capitales et jusqu'à présent méconnues.
    A travers l'étude de l'histoire de la réception et de la poétique comme par sa contribution à la publication de la correspondance générale, cet ouvrage entend donc contribuer de manière significative aux développements actuels des études pongiennes.

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