• Hanns Zischler arpente Berlin depuis plus de quarante ans, à pied, à vélo, en bus, avec une curiosité jamais assouvie et une faculté d'étonnement sans limite. Plus qu'un objet d'étude, le territoire de la ville devient dès lors le sujet de ce qu'il faut bien nommer une passion amoureuse, dont le présent livre nous confie quelques séquences choisies, une série d'impressions ou de tableaux à la fois sensibles et savants. S'y fait jour cet art si particulier du « toucher », que W. G. Sebald avait su reconnaître dans la manière de Zischler, chez qui légèreté et puissance d'émotion du récit semblent opérer en raison exactement inverse.

    Berlin s'est construit dans le grand bac à sable de la vallée glaciaire primitive, l'Urstromtal, sur les sols instables et les marais de la Marche de Brandebourg. Il y avait donc, inscrite d'emblée dans le fatum de cette ville fascinante, l'impossibilité d'une sédimentation ou d'une stratification pérenne. Autant dire que c'est la géologie qui fut ici maître d'oeuvre : elle a façonné une sorte d'« inconscient urbain », où un insatiable appétit d'expansion s'est doublé d'une furie de destruction compulsive et sans cesse reconduite. Il n'est que de constater l'application avec laquelle architectes et urbanistes se sont employés, dès le début du xixe siècle, à débarrasser la physionomie de la ville de toute trace baroque pour comprendre l'anti-historisme auquel Berlin s'est voué sans réserve.

    Aussi est-ce un paradoxe et une ironie que les convulsions et les embrasements de l'Histoire soient venus à maintes reprises soutenir cette volonté constante de table rase, depuis la politique inflationniste d'églises et de casernes menée avec entêtement par l'empereur Guillaume II jusqu'à la mortifiante division d'un Berlin pratiquement détruit à la fin de la Seconde Guerre mondiale, en passant par la « Germania délire » de l'infâme agence Hitler & Speer, pour aboutir aujourd'hui, dans la ville réunifiée, à la grande parade architecturale plastronnant le long de l'ancien Mur et de son no man's land cicatriciel.

    Learning by Walking et grammaire générative des jambes, Hanns Zischler déroule ici la « phrase urbaine » berlinoise en peuplant sa promenade de figures toujours singulières : l'élégant Oskar Huth et les mille ressources de sa vie clandestine, la poétesse Gertrud Kolmar prise dans la nasse nazie sans que ce funeste destin ne réussisse pourtant à infléchir sa remarquable « tenue », le paysagiste Erwin Barth dont la vision configure encore le visage de Berlin. L'esprit curieux de l'auteur emboite le pas d'un inspecteur des chaussées, s'enchante d'une enquête de socio-ethnologie des jeux d'enfants, se souvient d'Agathe Lasch, linguiste juive qui dut émigrer en Pennsylvanie pour achever son dictionnaire du dialecte berlinois. Zischler s'assied à la table des architectes Hans Scharoun ou Erich Mendelssohn et n'hésite pas, autre utopie, à dresser comme un emblème au coeur de cette ville qui n'a pas de centre la monumentale tour rêvée par Tatline.

  • Hanns Zischler, après Berlin est trop grand pour Berlin, paru en 2016 aux Éditions Macula, se consacre dans cet ouvrage aux bouts de papier, croquis sur lesquels on dessine un itinéraire, quelques informations pour indiquer un chemin, une adresse, une destination. Chacun de ces dessins est accompagné par un récit, une histoire, un souvenir de l'auteur. L'étonnante iconographie qui compose cet ouvrage mêle archives personnelles et documents anonymes, en provenance de France, d'Allemagne ou d'ailleurs. À contre-courant de l'ère des itinéraires numériques, Hanns Zischler invite ainsi son lecteur à pérégriner et à se perdre avec lui au grès de ces croquis manuscrits.

  • Il y a ces papiers légers qui entourent les agrumes, avec leurs images et leurs mots venant de Sicile ou d'Andalousie. Il y a une petite fille qui, dans l'Allemagne convalescente des années d'après la Seconde Guerre mondiale, les collectionne et rêve avec eux. Il y a le monde qui l'entoure et qu'elle effleure. Et à la fin il y a ce conte moderne qui rend visible, avec une infinie précaution, l'espace inquiet de ce qui s'ouvre à la sortie de l'enfance.

    On retrouvera dans ce récit le sens quasi tactile qui fait tout le prix des enquêtes menées par Hanns Zischler.

  • Pour la première fois dans l'histoire de la conquête spatiale, une sonde a survolé de très près et pendant 18 mois une comète afin de chercher les réponses à la question de l'origine du système solaire et de l'apparition de la vie sur Terre.

    Cette mission a permis de répondre à de nombreuses questions scientifiques, mais aussi de nous rapporter des photographies incroyables et inédites. Le livre se construit suivant les différentes étapes du voyage de la sonde : départ de la Terre, traversée des nuages puis contournement de la Lune jusqu'à se rapporcher de Mars, pour enfin se perdre dans le vide étoilé du cosmos et approcher la comète.

    À travers toutes ces rencontres, et grâce à une technologie optique très developpée, des images saisissantes des différentes planètes mais aussi de leurs textures, de leurs matières photographiques et de leurs surfaces apparaissent sur le papier.

    L'ouvrage est accompagné d'un texte qui revient sur les objectifs de cette mission et sur l'accomplissement d'un tel exploit technologique et humain. Des légendes précises permettent de rentrer au coeur du sujet et d'y trouver des informations détaillées. Résultat d'un voyage insterstellaire, ce livre est un rêve photographique qui transporte le lecteur dans l'espace, à bord de la sonde Rosetta.


    Après le succès de la mission Giotto en 1986, l'Europe a décidé d'envoyer la sonde Rosetta enquêter sur les traces de la nébuleuse primitive qui a donné naissance au Soleil et à son cortège de planètes. Cette mission de l'agence spatiale européenne, impliquant de nombreux pays, a pour objectif l'étude de la comète 67P Churyumov Gerasimenko, surnommée Tchoury, avec laquelle elle a rendez-vous. Après un voyage de dix ans et des centaines de millions de kilomètres parcourus dans l'espace, la sonde Rosetta a été capable de se mettre en orbite autour de la comète afin de l'étudier. Son atterrisseur Philae, sorte de laboratoire scientifique miniature, s'est quant à lui posé directement sur le sol de Tchoury afin d'y prélever de la matière pour l'analyser.

    Tchoury : c'est le surnom de la comète choisie pour la mission d'observation Rosetta.

    Rosetta : sonde spatiale équipée de caméras, elle réjoint la comète Tchoury après un voyage de dix ans pour se mettre en orbite autour d'elle. À son bord, de nombreux équipements scientifiques, mais aussi un petit atterrisseur : Philae.

    Philae : laboratoire scientifique miniature, il est attaché à Rosetta lors du voyage spatial. Une fois à bonne distance de la comète, il atterrit sur celle-ci pour fournir de nombreuses données mais aussi des images.

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