Clinamen

  • Quatre textes sur le ciel de Margaret Cavendish (1623-1673), aristocrate anglaise, écrivaine, philosophe et scientifique dont le salon accueillait Descartes, Hobbes et Gassendi, précurseure du féminisme et auteure de l'une des premières oeuvres de science-fiction.

  • Tiré d'une conférence donnée au Musée de la Civilisation à Québec en 1993, ce texte propose de concevoir le temps non pas uniquement comme une variable de mesure mais comme une vraie dimension de l'existence dont la propriété la plus fertile serait son irréversibilité.
    Le premier ouvrage de la collection « Mimic Octopus » est Temps à devenir, à propos de l'histoire du temps d'Ilya Prigogine. C'est un texte tiré d'une conférence donnée au Musée de la Civilisation à Québec en 1993, dans laquelle le scientifique propose un temps qui ne soit pas uniquement une variable de mesure mais une vraie dimension de l'existence dont la propriété la plus fertile serait son irréversibilité. Car, si cette dernière ne nous permet pas de corriger nos erreurs, elle est le moteur le plus puissant par lequel l'univers est capable de développer des systèmes complexes et parmi eux toute la variété de la vie. Le temps est l'espace dans lequel la vie et l'univers inventent toujours du nouveau. Ilya Prigogine, philosophe et prix Nobel de chimie s'est penché sur les systèmes complexes, points de départ de sa pensée.

    « Il y a donc là deux idées : la certitude et l'idée de symétrie entre futur et passé, donc une conception essentiellement statique. À tout moment, tout est déjà là en puissance. Il est vrai que cette idée d'un univers statique a survécu sous une autre forme à la révolution quantique et même à la révolution einsteinienne. J'y reviendrai. D'où nous vient cette notion de loi de la nature ? Il est très intéressant d'en étudier l'histoire et de noter que dans la formulation de cette notion de loi, la théologie a joué un rôle important. Celui qui en était le plus conscient, qui l'a écrit et répété, c'est Leibniz. Leibniz a insisté sur le fait que le concept de loi de la nature est quelque chose d'extrêmement particulier à la civilisation occidentale.
    En Chine, il n'y a pas eu de formulation comparable; Granet, le grand sinologue français, aujourd'hui décédé, disait de la Chine : «Ni loi, ni Dieu ; ni Dieu, ni loi.» En Chine, il n'y avait pas de formulation de «loi» de la nature. Il y a la conscience d'une forme d'harmonie universelle qu'on peut étudier qualitativement, mais il n'y a pas quelque chose de comparable à une loi dans le sens occidental d'une nécessité. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle les Chinois qui ont fait des découvertes très importantes au point de vue expérimental n'ont jamais pensé à mesurer la durée de la chute d'une pierre, parce qu'ils se disaient: quel intérêt y a-t-il ? Un jour il pleut, alors peut-être que ça ira plus lentement, un autre jour il y a du vent, alors quelle importance ? Tandis que, au contraire, partant de l'idée d'un Dieu rationnel, d'un Dieu législateur, on peut espérer comprendre la nature de Dieu à travers les lois de la nature. Et comprendre Dieu à travers les lois de la nature est l'objet de la science d'après Leibniz. Comprendre Dieu à travers la nature, c'est comprendre la nécessité qui se manifeste dans la nature et se rapprocher du point de vue divin. »

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