Couleur Livres

  • Lire les bandes dessinées de Lucky Luke avec le regard du philosophe, c'est le nouveau pari de Pierre Ansay.
    Après Gaston Lagaffe, philosophe réédité cette année, c'est vers un autre monstre sacré de la BD qu'il se tourne, conjuguant à nouveau clarté et rigueur. A la différence de Gaston qui fait de la poésie et philosophe pour soi ou de Tintin qui vit des aventures, Lucky Luke n'est ni aventurier ni philosophe. C'est un homme d'action, opérateur de paix et de justice. L'art de Morris et de Goscinny propose dans ces histoires une double lecture : celle de l'enfant qui est en nous, captivé par l'humour du texte et la magie du dessin, et celle de l'adulte soucieux de prendre distance et de connaître le substrat historique, souvent tragique, que la réflexion philosophique contribue à éclairer.

  • Pourquoi les classes dirigeantes actuelles sont-elles incapables de résoudre les problèmes mondiaux ?
    A l'ère de la globalisation, les enjeux et les défis sont de plus en plus mondiaux mais élites parlent et agissent uniquement au nom de Dieu, au nom de la Nation et surtout au nom de l'Argent. Les Etats militairement et économiquement les plus forts ainsi que les grands groupes économiques privés mondiaux ne veulent pas d'une humanité reconnue en tant que sujet politique et juridique à laquelle confier le pouvoir de régulation du monde dans le but de garantir le bien-être de tous les habitants de la Terre, autres espèces vivantes comprises. Personne ne peut aujourd'hui parler « au nom de l'humanité ». Le sens de la vie et du monde a été réduit à la sauvegarde des intérêts des puissants.
    L'humanité a besoin d'une révolution, comme aux 18ème et 19ème siècles.
    Avec clarté et rigueur, le livre décrit les chantiers audacieux du «Contrat Mondial de l'Humanité» grâce auxquels elle pourra construire un nouveau devenir fondé sur la sécurité d'existence collective, la liberté et la citoyenneté universelles plurielles, la justice sans privilèges, l'égalité de tous les êtres humains devant les droits et les responsabilités, la démocratie effective. L'humanité n'a pas besoin de porteurs d'intérêts mais de nouveaux porteurs de sens.

  • Après le succès de Spinoza peut nous sauver la vie, Pierre ANSAY poursuit, avec l'acharnement pédagogique qu'on lui connaît, la tâche de nous proposer un SPINOZA pratique et politique pour notre temps. L'auteur arpente pour nous le cheminement de sa pensée, du monde passionnel à la sagesse apaisée et de l'individu à la communauté politique. Avec ce livre, nous entrons dans la vie, le combat et les résistances des Premières lumières, pour la plupart flamande, wallonne et hollandaise dans le dur combat qu'elles mènent contre les autorités religieuses réformée et catholique.

    A la lecture de cet ouvrage, - l'auteur propose en conclusion un guide de lecture - le lecteur saisira davantage cette extraordinaire union de la vie et de la pensée, indissolublement pratique et théorique, politique autant qu'existentielle. On y voit SPINOZA vivre et lutter, combattre aussi, mais sans haine.

  • Le commerce des armes représente 1400 milliards de dollars par an, soit l'équivalent du PIB de la Russie en 2010. Cependant, aucune règle de l'encadre. Les Etats peuvent choisir sans aucune contrainte à qui ils vendent les armes que leurs entreprises produisent. Chaque jour, des millions de personnes souffrent des conséquences directes et indirectes d'un commerce des armes irresponsable dont 90% est assuré par les 5 membres du Conseil de sécurité et Israël.
    Il est donc urgent d'adopter un instrument international juridiquement contraignant régulant ce secteur pour réduire le coût humain du commerce des armes. Fruit de plusieurs personnalités et relayés par des ONG, un Traité historique est en passe de voir le jour malgré les réticences de certains Etats sceptiques à son égard.
    Ce petit livre fait le point sur cette question.

  • Vous croyez votre vie privée protégée, vos secrets bien gardés? Vous vous trompez . Big brother vous surveille constamment! Gouvernements, entreprises, publicitaires scrutent votre vie privée. Où et quand vous téléphonez , envoyez des SMS ou des courrielsl, quels sites Web vous visitez au milieu de la nuit: tout se retrouve dans leurs bases de données.
    Puces RFID, caméras de surveillance, satellites d'écoute électronique, renifleurs sur le web, scanners, kits d'ADN, logiciels espions, bases de données,... votre vie quotidienne est infestée par ces nouvelles technologies de la surveillance et du contrôle.
    L'Union européenne encourage cette évolution: elle construit imperceptiblement une architecture de sécurité complexe et non contrôlée avec Europol et Eurojust, Frontex, ... car l'Union considère les citoyens comme des risques potentiels pour la sécurité. Les Droits de l'homme sont bafoués.

  • Voilà qui peut paraître étrange tant les médias nous parlent d'Israël. Mais les raisons du conflit sont-elles claires ?
    Israël : terre sans peuple pour un peuple sans terre ? Démocratie en légitime défense ou Etat d'apartheid ? Choc des civilisations, conflit religieux ou enjeu pétrolier ? Pourquoi une solution paraît-elle impossible ?
    Michel Collon a interrogé 20 témoins et spécialistes. Israéliens et Arabes, juifs et musulmans, Européens et Américains. Chacun éclaire une question spécifique dans un langage simple et direct.
    Pourquoi parler d'Israël ? Pour tenter de mener un débat raisonné. Entre ceux qui crient à l'antisémitisme dès qu'on critique le gouvernement israélien et ceux qui imaginent un grand complot juif.
    Comment parler d'Israël ? En laissant de côté les préjugés et en découvrant tous les faits, les pages d'Histoire occultées.
    Lever tous les tabous c'est permettre à chacun de se faire son opinion librement. Et de débattre autour de soi. Car ce conflit se joue aussi bien au Moyen-Orient qu'en Europe. C'est de la discussion entre citoyens de tous horizons que surgiront les solutions pour la paix.

  • Le suicide n'est pas une fatalité. Mais il n'en est pas moins la deuxième cause de mortalité dans nos pays dits «civilisés». Plutôt que de s'appesantir sur les raisons ou déraisons, le Centre de Prévention du Suicide, à l'initiative de ce livre, a voulu poser cette question cruciale, particulièrement aujourdhui, «Qu'est-ce-qui fait vivre ?».

    Sept personnalités de tout horizon professionnel, philosophique ou religieux, esquissent ce qui pour eux doit nous aider à vivre. Le sens de la vie ne nous tombe pas du ciel. Le sens de la vie, c'est ce que nous avons à trouver chacun. Une course en solitaire qui pourtant nous ramène toujours aux autres.

    Sans prétention de donner une réponse exhaustive à cette question existentielle, ce livre donne, à la manière d'un kaléidoscope, une image multiple et contrastée de ce qui est au centre de notre humanité. En parcourant ces différents témoignages, le lecteur pourra à son tour construire ses propres réponses en puisant dans ces récits de quoi inspirer sa réflexion.

  • Ce nouveau livre rédigé dans un style clair et concis est à conseiller absolument à qui veut comprendre les processus qui ont conduit aux attentats de Paris, de Bruxelles et de Nice.
    Au-delà de l'émotion et des avis en tous sens des «experts» et «spécialistes» (parfois auto-proclamés), seize professeurs et chercheurs de l'Université catholique de Louvain, soutenus par la faculté des sciences économiques, sociales et politiques, ont relevé le défi. Issus de différentes disciplines et réputés pour leurs analyses et leurs implications, ils tentent de mieux comprendre les racines de ce phénomène qui nous a tous bouleversés.
    On sait aujourd'hui qu'il n'existe pas une explication des attentats, mais différentes causes. Par ce livre, courageux et original, les auteurs offrent aux lecteurs une analyse équilibrée et très large des attentats.
    Des analyses brèves et percutantes, emboîtées les unes aux autres, débutent par la prise en considération de la trajectoire des individus, pour aborder ensuite la famille, le quartier, la communauté, l'État, les relations internationales pour aboutir à la société globale (Internet).
    Complet, l'ouvrage débouche sur la proposition de rencontres politiques organisées au niveau national, afin d'impulser la réalisation d'un plan d'action, vaste et complexe.
    La démarche privilégie un débat politique crucial, en réaffirmant la vivacité de notre démocratie.

  • Chacun a été confronté à des morts inhumaines. La perspective d'une mort dans la douleur et sans dignité est effrayante pour le patient. Elle l'est aussi pour les proches. Sans compter le coût exorbitant de soins de santé inutiles, d'un shopping médical désespéré et du recours à des médecines alternatives douteuses.

    Pionnier des soins palliatifs, Wim Distelmans se bat depuis des années pour le droit à l'euthanasie. Il témoigne ici de la réalité humaine et médicale de la fin de vie et nous donne à lire une expérience professionnelle rare.

    Ses entretiens avec Oscar Grosjean contribueront à mieux informer les patients et leurs proches afin que leur consentement soit mieux éclairé. En présentant la chronique d'une pratique dédiée à l'accompagnement, ils éclaireront également les professionnels de la santé sur l'application des lois belges relatives à l'euthanasie, aux soins palliatifs et aux droits du patient. Car approprier sa fin de vie et sa mort ne sera possible qu'avec la compétence, l'empathie et le respect témoignés par les intervenants tout au long de la maladie.

  • En 2005, l'Assemblée générale de l'ONU adoptait un texte controversé qui reconnaissait la responsabilité des Etats de protéger leurs populations contre les crimes de masses. En cas de défaillance de l'Etat, le texte précise que la communauté internationale a elle aussi une responsabilité, celle d'intervenir pour assurer par elle-même cette protection. Ce texte, s'il est une avancée réelle pour éviter de nouvelles tragédies comme au Biaffra ou au Rwanda, pourrait mener à des dérives et des excès qui discréditeraient à jamais l'ONU. Les exemples de la Côte-d'Ivoire en 2009 et de la Libye en 2011 accréditent l'idée que la responsabilité de protéger est en effet un outil délicat à utiliser.

  • Un récit de voyage en Palestine hallucinant ! Celui d'une équipe de juristes spécialisés en droit international qui a rencontré de nombreux témoins, tant juifs que palestiniens, de Jérusalem à travers la Cisjordanie, sur les routes d'Israël, des villes du Nord jusqu'au désert du Néguev dans le Sud, quelques kilomètres de Gaza, cette prison à ciel ouvert.
    Toutes les questions qui font mal sont abordées dans ce livre sans langue de bois : l'occupation militaire, la colonisation civile, le mur d'annexion, les prisonniers politiques, l'exploitation des ressources des territoires palestiniens ou encore le régime d'apartheid en Israël.
    Une solution juste et durable du conflit, faite de deux Etats démocratiques, s'éloigne chaque jour un peu plus. Pour y arriver malgré tout, un «retour en arrière» douloureux s'impose. Il ne s'opérera pas sans une pression internationale forte. Cette chronique est un cri d'alarme au monde. Témoigner, c'est dénoncer les injustices pour les faire cesser.

  • Qu'est-ce qui nous donne l'énergie de nous lever chaque matin ?

    Face à la sinistrose qui nous envahit, vingt-trois auteurs de différents horizons affirment le refus de se déclarer vaincu, l'espoir qui les anime, le sens de leur combat. Ils imaginent ce que tous nous devrions prendre à bras le corps pour réinventer l'avenir.

    De quoi étancher notre soif et, comme le dit Claude Nougaro, «nous coiffer d'une chevelure d'idées».

    Ce livre s'accompagne d'un DVD inédit «Les enfants de l'année blanche» qui montrent des enfants et des adultes qui, face au dégoût et à l'inommable, remettent en priorité la dignité de l'être humain.

  • La faiblesse du mouvement altermondialistes, peut-on régulièrement lire, c'est son manque de lisibilité.
    Que retenir du foisonnement de revendications et de mots d'ordre qui émanent des grands événements altermondialistes que sont les forums sociaux ? cet ouvrage propose une série de clés de lecture visant à distinguer les grands courants altermondialistes, à comprendre leur manière respective d'interpréter le processus de mondialisation et d'avancer des propositions pour le corriger ou le combattre.
    Au-delà de la distinction entre "radicaux" et "réformistes", il montre en quoi la dynamique des positionnements au sein des débats altermondialistes exige également de se déterminer vis-à-vis du processus de mondialisation lui-même et du formidable changement d'échelle des enjeux qu'il constitue. loin de sceller l'avènement d'une mondialisation démocratique et solidaire, le déclin relatif des institutions de la mondialisation néolibérale (omc, fmi, banque mondiale) contre lesquelles le mouvement altermondialisme s'est construit, met ce dernier face à de nouveaux défis.
    Le moindre n'étant pas celui de sa propre perpétuation.

  • Des téléphones portables dans les campagnes pour obtenir un prix équitable ou des outils cartographiques pour permettre aux villageois de ne pas se laisser gruger par des accaparateurs de terres, un système d'épargne et de crédit pour que des paysans pauvres relèvent la tête. Autant d'impulsions innovantes pour sortir de la récession ou de l'impasse.

    Des enfants exclus ou marginalisés qui pourtant gèrent leur propre banque, montent des orchestres symphoniques ou maîtrisent des réseaux de communication en vue de se former, d'échanger, de créer ensemble. Des femmes aussi, qui consacrent leur temps et leur vie pour inciter leurs soeurs à s'organiser, à se mobiliser, à lutter.
    Des femmes encore, qui trouvent sous leurs pieds de quoi survivre, marchandes de sables qui sont loin de nous endormir.

    Ces tranches de vie montrent qu'il n'y a ni âge, ni sexe, ni conditions spécifiques pour inventer, créer, transformer son cadre de vie quotidien, et par là même modifier la trajectoire de son destin. Tenter, parfois avec rien ou si peu, de sortir de l'insurmontable et y réussir.

  • Avec ses manières de plombier philosophe, Pierre ANSAY organise la connection entre deux grands maîtres de la spiritualité occidentale : SPINOZA et Maître ECKHART.
    Qu'est ce que se détacher ? Comment trouver la paix de l'âme en se détachant ? Comment cheminer de l'attachement aux choses au mieux être détaché avec les autres ?
    Le cheminement spirituel vers le détachement et le laisser être, autant de manières de se déniaiser face aux encollages publicitaires et aux désirs de dominer ou d'être dominé par les autres. Pour SPINOZA et Maître ECKHART, il s'agit de se détacher de ces attachements pour vivre dans la paix sans avoir peur de la mort.
    En outre, la spiritualité ainsi conquise n'est jamais loin d'une visée politique opposée aux encollages de la marchandise et aux enrégimentements pratiqués par les libérateurs tyranniques. Sans doute s'agit-il ici d'abord de se détacher et sortir du monde marchand gros de poussées totalitaires pour ultérieurement mieux s'opposer à lui.

  • Nous vivons un moment historique, celui du énième discours proclamant la "mort annoncée" du système capitaliste et - depuis Seattle, 1999, voire Porto Alegre, 2001 - une repolitisation des esprits, chez les jeunes, surtout, trouvant son expression la plus radicale, et binaire, dans l'opposition entre l'élite du 1% et la masse des 99%. Cette dernière étant cependant plus que jamais désunie et fragmentée, c'est presque sa marque de fabrique; Ce livre cherche à dégager ce qui relève de la contradiction principale afin de ne pas s'égarer vainement sur des voies de garage aux allures de moulins à vent...
    L'auteur procède à un tour d'horizon des combats qui répondent à la question centrale : que faire?
    - L'idéologie (vs pensée unique, politiquement correcte).
    - La géopolitique (nord-sud, est-ouest - Realpolitik).
    - La religion/laïcité (toile de fond: jihadisme, racisme..).
    - La novlangue ( cohésion sociale, le vivre ensemble, etc.).
    - Le terrain de combat (Union européenne ou souverainisme? citoyen mondial ou patriote?).
    - La théorie et le parti (pas de mouvement révolutionnaire sans théorie révolutionnaire, et vice versa).
    - La digitalisation du monde.
    - La mémoire de l'Histoire.

  • De nos jours, quand on dit simplicité volontaire, on pense objecteurs de croissance, écologistes radicaux ou anarchisants déterminés. Et pourtant, un regard rétrospectif sur le dernier millénaire en Occident montre que, de tout temps, la recherche d'une vie simple, frugale, détachée de la volonté d'accumulation de choses a été un idéal recherché. Au-delà des sages, philosophes et autres spirituels, de nombreux gens de peu ont accepté ou souhaité une pauvreté matérielle modérée.
    Depuis les Cathares de l'an mil jusqu'au 1984 d'Orwell en passant par les socialistes utopiques du XIXème siècle, Alain Adriaens explore cette nébuleuse simplicitaire qui a laissé des traces dans nos imaginaires. Il développe ensuite tout ce qui, dans nos sociétés développées d'hyperconsommation, survit, prospère, se développe à côté du dogme de la recherche profit comme moteur de la société, de l'impératif du « toujours plus ».
    En ces temps de crise où le néolibéralisme s'enfonce dans l'impasse productiviste et où la social-démocratie a perdu ses repères, l'ouvrage s'achève sur un bref regard prospectif sur les débuts d'un mode de pensée neuf qui tente d'imaginer un avenir collectif qui s'appuie sur le meilleur des traditions écologiste, socialiste et anti-autoritaire.

  • Qu'ont-ils donc en commun ces paysans péruviens producteurs de café et ces habitants de Kinshasa qui assainissent leur ville ? Ces citoyens qui veulent rendre leur dignité à des enfants sortis des affres de la guerre, de l'exploitation sexuelle ou du manque d'éducation ? Cette radio au Niger ou cette séance de cinéma en plein air en Colombie ? Ces travailleurs d'un hôtel autogéré en Argentine et ces villageois congolais qui s'organisent pour relier les deux rives de leur fleuve ?

    Ils sont, toutes et tous, confrontés à des situations de conflits, à l'absence de pouvoir ou de services publics dignes de ce nom, à l'incurie de dirigeants économiques qui les abandonnent une fois les caisses vidées, parfois à la terreur de groupes armés.
    Et devant l'adversité, ils tentent de se prendre en charge, d'améliorer leurs conditions d'existence, bref, de résister et de changer le sens de leur vie. Ils s'organisent et trouvent par eux-mêmes des solutions pour vivre plus dignement.

  • Alors que règne dans notre pays un fatalisme généralisé face à des situations que la population n'appelle pas de ses voeux (que ce soit sur le plan économique, social, politique ou institutionnel), il est bon d'apprendre que des actions collectives ont déjà clans le passé modifié le cours de l'Histoire.
    De la "résistance" des Gaulois aux grèves qui ont engendré notre système de protection sociale, en passant par les révoltes paysannes, urbaines et la contestation religieuse, les exemples de rebellions contre le pouvoir du plus fort foisonnent. Dix-sept historiens de renom, du Nord comme du Sud du pays, découvrent ces pages échappant à l'histoire officielle qui est toujours celle du pouvoir. Elles ne manqueront pas de servir d'inspiration à ceux qui refusent l'intolérable.

  • élève-moi

    Myriam Tonus

    Eduquer les enfants, les jeunes est un acte aussi vieux que l'humanité.
    Comment se fait-il alors que tant d'adultes, en famille, à l'école, soient aujourd'hui en difficulté dans cette tâche ? L'éducation serait-elle un "métier impossible", comme le disait Freud ?
    Certains ne sont pas loin de le penser et accusent de tous les maux une jeunesse devenue ingouvernable. C'est sans doute se tromper de cible. Notre société est en mutation et nous sommes tous pris dans des changements profonds : notre rapport au temps, à la mémoire, à nous-mêmes et aux autres s'en trouve affecté.
    On ne saurait plus éduquer aujourd'hui comme hier ! Plutôt que de faire de l'éducation un acte technique qui vise l'efficacité, peut-être le moment est-il venu de retourner à la source.
    De retrouver le sens profondément humain de cette relation unique qui unit l'adulte et l'enfant. Plus que jamais il est nécessaire d'élever les jeunes, c'est-à-dire de les aider à devenir plus grands qu'eux-mêmes.

  • Mai 1943. Trois ans que la Belgique vit à l'heure allemande. Un jeune Bruxellois de 17 ans, juif clandestin et caché, travaillant sous un faux nom comme ouvrier fourreur, apprend par hasard que la Gestapo s'apprête à rafler quinze fillettes juives cachées dans un couvent voisin.
    N'écoutant que sa révolte et son courage, il se fait une promesse : « Celles-là, ''ils'' ne les auront pas ! ». Il ne lui reste que quelques heures pour agir. Une course contre la montre et la mort s'engage : il doit demander l'aide de Paul Alter, un des chefs des Partisans Armés dans la capitale, juif lui aussi.
    Le soir même, dans la plus grande improvisation et transgressant toutes les règles de sécurité en vigueur, il participe à l'enlèvement des petites, pour les mettre à l'abri des Guestapistes. Elles seront prises en charge par le fameux Comité de Défense des Juifs, et survivront toutes à la traque des Nazis et à la guerre.
    Il vient de faire ses premiers pas dans la Résistance et ne la quittera plus, jusqu'à ce que qu'il perde le contact avec les camarades de son groupe, tombés aux griffes des Allemands.

empty