Editions Du Cerisier

  • "«Je suis statisticien de formation : je ne crois donc pas à l'incroyable. Je sais que lorsque l'enchaînement des événements est toujours favorable à la même personne, cela n'est que très rarement l'effet du hasard. Au casino, un joueur chanceux c'est une chose, un tricheur professionnel à la solde d'une bande d'escrocs, c'en est une autre.» Avec la précision et la minutie d'un horloger, Eric Stemmelen démonte les mécanismes de fabrication de la «créature» nécessaire à ce qu'il nomme un tranquille coup d'Etat.
    De janvier 2012 jusqu'à l'intronisation «jupitérienne» de 2017, il a investigué, fouillé, décortiqué au jour le jour l'ensemble des médias français aux mains de la grande finance. Et sous nos yeux, page après page, se reconstitue le puzzle : comme dans une enquête policière, s'élabore le «storytelling», la merveilleuse ascension inlassablement répétée, mensonge et falsification inclues si nécessaire.
    Le pouvoir financier et économique voulait un homme à sa dévotion, les médias à ses ordres l'ont fabriqué.
    Préface de Gérard Mordillat Prologue de François Ruffin.
    (En annexe, une nomenclature très complète des médias et de leurs propriétaires respectifs : un outil précieux pour identifier l'origine de nos informations.) "

  • «TINA». There Is No Alternative : il n'y a pas d'alternative.

    La célèbre expression de Margaret Thatcher est tout sauf vraie. Des alternatives au capitalisme et à la pensée unique néolibérale existent. Elles sont construites par des femmes et des hommes qui, partout dans le monde, se dressent contre l'injustice, les inégalités, l'oppression. Beaucoup de ces alternatives sont simples, cohérentes et, avec un peu de volonté politique, pourraient être mises en oeuvre dès aujourd'hui.
    Prétendre que l'être humain est fondamentalement égoïste ou que le capitalisme est notre seul horizon revient à forger notre impuissance : en jetant le discrédit sur celles et ceux qui veulent changer le monde, taxés de rêveurs, d'utopistes, TINA nourrit le fatalisme, la passivité et la résignation. En effet, comment penser l'alternative et pourquoi agir si l'on part du principe que, de toute façon, « c'est foutu » et qu'on n'y pourra rien changer?
    C'est le point de départ et l'objectif de ce livre : proposer un outil accessible, pratique, concret et rigoureux pour rompre avec le fatalisme ambiant et montrer que, dans tous les domaines (finance, économie, éducation, culture, démocratie, agriculture, etc.), des alternatives crédibles à la mondialisation capitaliste sont à notre portée.
    Cet ouvrage s'adresse aux millions de personnes indignées par les injustices et les absurdités de ce monde. À celles et ceux qui veulent construire un autre modèle, fondé sur la satisfaction des droits humains fondamentaux, le respect de l'environnement et la construction d'une véritable démocratie.
    L'Histoire a montré qu'il est vain d'attendre passivement que nos dirigeants servent les intérêts des populations. Ce ne sont pas le bon sens ou l'intérêt général qui mènent le monde, mais les rapports de force. Face à la puissance organisée des transnationales et de la finance, il est temps que les peuples s'organisent, prennent en main leur destin et, par l'action collective, relèvent le défi du changement. Si ce livre réussit à éveiller l'envie d'apprendre, de débattre et de passer à l'action, il aura pleinement joué son rôle.

  • Rose Hanon raconte le quotidien d'une jeune enseignante, envoyée sans viatique dans une école où, actrice, elle n'aime pas la pièce que le système lui fait jouer. Je pensais ? : enseigner, c'est changer le monde. C'était avant que je ne me découvre artiste, prestidigitateur de formation, par nécessité dompteur de lions, funambule ou clown. Ma classe a pris des allures de cirque, j'allais dire les pop-corn en moins, mais même pas ? : tout y est. Le numéro est rodé, l'illusion parfaite. Et, telle la boule à paillettes de l'équilibriste, le monde tourne et tournera demain, juste comme il doit tourner. Pour les siècles des siècles. Amen. [... De quelles démissions parle-t-on finalement ? Idéologiquement, celle de la représentation de l'enseignant en « chien de garde » (P. Nizan) ; concrètement celle de cette jeune enseignante, envoyée sans viatique dans une école où actrice, elle n'aime pas la pièce que le système lui fait jouer. Politiquement, celle de l'institution éducative qui a renoncé à diffuser les connaissances pour réduire les inégalités. ((Extrait de la préface de Jean-Maurice Rosier, professeur à l'Université libre de Bruxelles)]

  • En 1998, Roland de Bodt publie «Le Cercle ouvert». C'est le début d'un chemin d'actions culturelles et d'écritures qui explore la culture de la culture, la culture des libertés et des droits fondamentaux universels, la culture de la démocratie. En collaboration avec Claude Fafchamps, il revient aujourd'hui sur les différentes étapes de ce cheminement. C'est un nouveau projet éditorial consacré à l'éthique de l'action culturelle et qui fait synthèse du travail accompli : il comporte des rééditions de textes épuisés, des commentaires actuels, des inédits et des développements nouveaux.
    Ce premier volume est consacré à la culture de la démocratie et à la reconnaissance de l'Humanité en nous.

  • GUIDO FONTEYN, journaliste au Standaard, quotidien dont il était le correspondant permanent auprès du gouvernement wallon. C'est dire s'il connaît la Wallonie et son histoire, qu'il est en mesure d'apporter un regard surprenant, impertinent et caustique sur ses échanges avec la Flandre. Mais aussi sur les mouvements économiques et les transferts de richesses qui passent de l'une à l'autre ; avec entre les deux, Bruxelles et sa bourgeoisie entrepreneuriale.

    Un ouvrage nécessaire pour mieux comprendre la Belgique régionalisée d'aujourd'hui.

    (Préface de Jean Faniel, directeur général du CRISP) (Traduction du néerlandais : Micheline Goche)

  • Le volet claque contre le mur. Il va l'attacher et revient l'air sombre et irrité : « Mes soldats de plomb, c'est un loisir, de l'amusement ; la culture, c'est autre chose. C'est le grand musée, le grand théâtre, les très grands livres, et sûrement pas mes petits soldats de plomb, mon petit boulot, mon petit jardin ». Rappelle-toi ce que tu as pensé alors tristement : « La culture est tellement dominée, enkystée, enfermée dans le système scolaire, son inégalité foncière, sa hiérarchie diplômée qu'il paraît tout à fait impossible d'ouvrir la moindre passerelle vers les cultures vivantes et vécues de ce temps : oui, comment assurer l'égale dignité des hommes et des cultures, comment effacer cette tache d'indignité qui les marque à jamais ».

  • Dans une salle de réunion au mobilier au style incertain de notre centre culturel, Jean déplie sa longue silhouette, allume le cinquième cigare du matin, souffle la fumée sur son voisin, s'envoie sa quatrième tasse de café, se renverse sur son siège et lance à la cantonade : «Non mais si cela ne vous intéresse pas de parler des mineurs, dites-le-moi! Vous préférez sûrement qu'on se parle entre nous de l'excellence artistique! Vous pouvez complètement vous faire plaisir en vous parlant à vous-mêmes. Vous voulez vous la péter France Culture?... vous voulez faire comme tous les autres, mais moi ce que je dis c'est qu'on doit sortir les roulottes. Je veux qu'on retourne sur le terrain avec les tréteaux du Bassin houiller. C'est maintenant qu'on doit retourner vers les habitants. On a de beaux bâtiments, on est bien au chaud, on fait la une du journal alors c'est le moment qu'on aille au contact! C'est pour ça qu'on est ici, c'est pour ça qu'on nous paye. Pas pour le label «scène nationale», bordel! Je vous demande des idées. Vous dormez, là!» Extrait de la contribution de Hervé Atamaniuk Après Cultures des lisières - Éloges des passeurs, contrebandiers et autres explorateurs, ce deuxième volume consacré à Jean Hurstel propose un choix de textes originaux qu'il a rédigés et défendus entre 1969 et 2011. Ces documents sont croisés par des contributions récentes de personnalités qui témoignent, à des titres divers, des résonances et de la signification de ces prises de position pour leur propre pratique professionnelle.

  • « Rendre la culture au peuple et le peuple à la culture, voilà notre but ».
    Les militants de la culture populaire ne s'opposent pas aux militants qui luttent pour la révolution politique, mais ils ne sont pas liés à un parti : là où ces derniers cherchent surtout à transformer les institutions, les premiers cherchent essentiellement à transformer les hommes à la taille de leur révolution.
    Cependant, le manifeste de Peuple et Culture ne se contente pas de revendiquer l'accès de tous à la culture mais il avance une autre exigence : « rendre le peuple à la culture », c'est-à-dire ce qu'on appellerait aujourd'hui le souci de démocratie culturelle : « [la culture] n'est pas à distribuer, il faut [que le peuple] la vive ensemble pour la créer : [...] la vraie culture naît de la vie et retourne à la vie », c'est-à-dire qu'elle a une ambition transformatrice : « Elle ne tend pas seulement à interpréter le monde, mais à le transformer » dans la perspective d'un "humanisme nouveau" qualifié de "révolutionnaire" ».
    Cet humanisme nouveau n'est pas défini à travers un projet politique, mais par le biais d'un «ensemble de principes qui s'exprime dans un style de vie personnel et collectif » fait de décloisonnement social (ère des masses), de dynamisme, (ère de la jeunesse) de progrès (ère de la technique), bref de « foi dans l'homme et dans l'avenir ».

  • Rédigé par l'IHOES, cet ouvrage superbement illustré retrace l'histoire riche en rebondissements de la régionale liégeoise de la Centrale Générale FGTB, depuis les balbutiements syndicaux du XIXe siècle jusqu'à nos jours.

    Aujourd'hui principale centrale au sein de la FGTB, la Centrale Générale est à bien des égards une organisation syndicale à part. Ses débuts, relativement modestes, reposent sur des organisations de défense ouvrière apparues dès le XIXe siècle notamment dans les secteurs du bois et de la construction. Puis, en 1920, naît la Centrale du bâtiment, de l'ameublement et des industries diverses. Sur ce socle viendront se greffer d'autres centrales, dont successivement les verriers, les paveurs, les cuirs et peaux, le tabac, la pierre, et plus récemment, les mineurs et la Centrale du textile-vêtement-diamant. Le profil des affiliés se modifie et se diversifie avec l'évolution des métiers et des conditions de travail. Au fil des décennies, on observe en outre une représentation croissante des femmes et du secteur des services (notamment le nettoyage et le gardiennage). Certaines problématiques qui se posaient aux origines ont été résolues (interdiction des coalitions de travailleurs, travail des enfants, absence totale de protection sociale, etc.), d'autres ont émergé ou se sont renouvelées (problème des frontières syndicales, règlementation en matière de maladies professionnelles, maintien de l'emploi, contrôle de la flexibilité, etc.). Garantir un salaire correct, réduire collectivement le temps de travail, combattre le dumping social constituent quelques-uns des fils rouges de l'action de la Centrale Générale ; des combats qui doivent régulièrement être remis sur le métier. La présente mise en perspective historique constitue un outil pour mieux comprendre les positions, stratégies et luttes passées et actuelles. Elle se veut également un incitant à s'engager pour un monde plus juste.

    Outre le texte rédigé par l'IHOES qui constitue le coeur de l'ouvrage, le livre s'ouvre et se termine par des photographies actuelles de travailleurs et travailleuses, réalisées par Charles Paulicevich. Il contient également quatre bandes dessinées retraçant des épisodes marquant de l'histoire de la Centrale Générale FGTB Liège-Huy-Waremme, ainsi qu'une affiche de François Schuiten (auteur de la couverture), réalisée pour l'occasion.

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