En Toutes Lettres

  • « Parler des questions qui fâchent en islam à propos des femmes n'est pas une provocation mais une nécessité. Il ne s'agit pas de fâcher mais de clarifier, de rectifier, mais aussi souvent de dénoncer. Clarifier la confusion entre le message spirituel du Texte sacré et l'orthodoxie interprétative institutionnalisée. Rectifier le grand nombre de préjugés sexistes et parfois diffamatoires transcrits dans la tradition musulmane au nom de préceptes divins. Et puis de dénoncer ce qu'une culture patriarcale a forgé dans l'esprit des musulmans : la dévalorisation des femmes » .
    Voile, polygamie, égalité dans l'héritage... Asma Lamrabet fait l'inventaire des discriminations imposées aux femmes au nom de l'islam. Elle démontre que la plupart des interprétations médiévales classiques, produit de leur milieu social et culturel, se sont construites à la marge et parfois à l'encontre du Coran, porteur d'une vision beaucoup plus égalitaire et ouverte.

  • Synopsis des enquêtes :

    1- Études islamiques : des zaouïas à l'université.
    Dans les deux facultés des Lettres et des Sciences humaines, la filière des études islamiques, créée en 1979 est un lieu où des professeurs salafistes diffusent une vision extrémiste de l'islam.

    2- Le grand voyage d'Abou Hafs.
    Le parcours d'Abdelwahab Rafiki, autrefois salafiste jihadiste connu sous le nom d'Abou Hafs et aujourd'hui partisan d'une approche plus humaniste de l'islam, éclaire l'histoire de la radicalisation, de l'Afghanistan au conflit en Syrie, en passant par les attentats du 16 mai 2003 à Casablanca.

    3- École publique : réformer pour ne (presque) rien changer.
    La récente polémique sur la place de la philosophie dans un manuel d'éducation islamique montre les limites de la réforme des manuels scolaires, faite dans la précipitation et insuffisante pour contrer l'extrémisme.

    4- Bir Chifa, le quartier de tous les extrêmes.
    À Tanger, le quartier de Bir Chifa a fourni un des plus gros contingents de jihadistes partis pour la Syrie et l'Irak. Des brigades de la vertu y sévissent. À Bir Chifa, radicalisme religieux et délinquance cohabitent.

    5- Jihadistes marocains : de l'Afghanistan à la Syrie.
    Afghanistan, Al Qaeda, Irak, Daech... les jihadistes marocains ont été sur tous les fronts. Retour sur cette histoire et portraits des principales figures qui ont marqué ce mouvement.

    6- Bilmawen : radicalisme contre rites ruraux.
    Mixité, travestissements et inversion carnavalesque des rôles, les traditions populaires rurales sont une cible pour les radicaux, qui menacent tout un pan du patrimoine culturel.

    7- Niqab : simple tissu ou posture idéologique ?
    Le niqab ou la burqa symbolisent la fixation des salafistes radicaux sur la place des femmes dans l'espace public. Derrière le tissu, qui sont ces femmes ?

    8- El Principe : jihad, trafic et discriminations.
    Dans l'enclave espagnole de Sebta, le quartier de Principe est laissé pour compte. Apartheid, zone de non-droit et misère : un terreau idéal de radicalisation.

  • "À la fin des années 2000, des milliers de Marocaines sont parties travailler à la cueillette des fraises dans la province de Huelva, en Espagne. Recrutées directement au Maroc par des contrats saisonniers, ces Dames de fraises sont choisies pour la précarité de leur situation et parce qu'elles laissent des enfants qui les contraindront à revenir.
    Chadia Arab, géographe et chercheuse au CNRS, analyse les rouages de ce programme de migration circulaire, pensé pour répondre aux besoins de main-d'oeuvre et réguler les flux migratoires entre le Maroc et l'Union européenne, mais dont les femmes sont les grandes oubliées.

    "

  • "Le métier d'intellectuel, dialogues avec quinze penseurs du Maroc", c'est le titre de l'ouvrage qui vient de paraître aux éditions En toutes lettres. Un travail destiné à "aider les citoyens à comprendre les enjeux politiques, économiques, sociétaux et culturels et à mieux s'orienter dans la sphère publique".

  • 1.     Les ouvrières clandestines de Mibladen.
    Autrefois coeur économique de la région de Midelt, les mines de Mibladen sont aujourd'hui à l'abandon. Pour survivre, hommes et femmes descendent aujourd'hui ramasser les miettes de plomb et de cristaux. Sans aucune protection et au péril de leur vie.

    2.     Les torturées de Ksar Sountate.
    Lors des événements de mars 1973 dans le Moyen Atlas, la répression s'est abattue sur toute la région. Ytto Khouya Saïd, Merrou Ouhami et les autres n'avaient d'autre tort qu'être les filles et les épouses de ceux qui ont été arrêtés et exécutés. Elles ont subi les pires atrocités.

    3.     La double peine des femmes Ninja de Berkane.
    Berkane, eldorado de la clémentine. Mais l'eldorado ne concerne pas les ouvrières agricoles, travailleuses journalières et saisonnières, souvent venues d'ailleurs, qui subissent une double exploitation, économique et sexuelle.

    4.     Les femmes prêtées de Kalaat Sraghna.
    À Kalaat Sraghna, des mineures sont données à des hommes qui signent avec leur père un « contrat » moyennant 20 000 à 60 000 dirhams. Une façon de contourner la loi, qui fixe à 18 ans l'âge de la capacité au mariage.

    5.     Les sans-papiers de l'Atlas.
    Dans les régions montagneuses et enclavées de l'Atlas, des mariages sont conclus « à la Fatiha », sans aucun papier. Sans contrôle de l'âge des fiancées. Sans possibilité d'avoir un état civil pour les enfants, et de faire respecter les droits lors des divorces et des veuvages.

    6.     Les barmettate de Casablanca.
    À Casablanca, le monde de la nuit est un gouffre qui broie des femmes, souvent mères célibataires et dans la plus grande précarité. Au détriment de leur dignité et de leur santé.

    7.     Violences envers les femmes : tour d'horizon.
    Les associations tirent la sonnette d'alarme sur les chiffres concernant les violences faites aux femmes à travers tout le Maroc. Coups, viols, violences psychologiques, violences économiques. et indifférence des pouvoirs publics.

    8.     Victimes de la traite dans le Golfe.
    Elles postulaient pour un poste de coiffeuse ou de manucure dans les pays du Golfe, elles s'y retrouvent sans passeport et contraintes à la prostitution. Des réseaux oeuvrent au Maroc pour piéger des jeunes femmes.

  • Ce livre, fruit de trois ans de travaux réguliers du Collectif du vivre ensemble initié par Fatéma Mernissi dès novembre 2012, interroge les mutations des liens sociaux au Maroc. Quels rapports entretient-on avec le savoir, la langue, la religion, l'égalité des sexes ? Avec la figure du père et de l'étranger ? Avec l'espace, le travail et le virtuel ? À partir de ces neuf clés de lecture, les auteurs tentent de comprendre les tensions que crée l'accès à l'individualité, avec les émancipations et excès qui en découlent, ainsi que le déni de la collectivité et ce que cela engendre comme injustices.

    Méthode Le travail mené par les membres et invités du Collectif du vivre ensemble et qui donne matière à ce livre, puise son éthique dans cette formule paradoxale de François de Singly, selon lequel la complexité de la société contemporaine nous invite à vivre « libres ensemble ». Penser la liberté, l'affranchissement mais aussi la redéfinition du collectif est la question qui a mobilisé toutes ces énergies réunies. Sans que cela s'apparente ni à un manifeste ni à un texte programmatique, la dynamique qui a mû le groupe a été également celle de penser librement ensemble.

  • Enfance au Maroc : une précarité aux multiples visages, ce sont neuf enquêtes et reportages qui éclairent la situation de l'enfance en situation difficile. Pauvreté, exploitation économique, violences sexuelles, absence d'état civil, handicap, abandon, exclusion scolaire..., ces textes alertent sur l'absence d'une politique cohérente de protection de l'enfance au Maroc, et rend hommage au travail essentiel de la société civile.

  • Synopsis des enquêtes :

    1- Études islamiques : des zaouïas à l'université.
    Dans les deux facultés des Lettres et des Sciences humaines, la filière des études islamiques, créée en 1979 est un lieu où des professeurs salafistes diffusent une vision extrémiste de l'islam.

    2- Le grand voyage d'Abou Hafs.
    Le parcours d'Abdelwahab Rafiki, autrefois salafiste jihadiste connu sous le nom d'Abou Hafs et aujourd'hui partisan d'une approche plus humaniste de l'islam, éclaire l'histoire de la radicalisation, de l'Afghanistan au conflit en Syrie, en passant par les attentats du 16 mai 2003 à Casablanca.

    3- École publique : réformer pour ne (presque) rien changer.
    La récente polémique sur la place de la philosophie dans un manuel d'éducation islamique montre les limites de la réforme des manuels scolaires, faite dans la précipitation et insuffisante pour contrer l'extrémisme.

    4- Bir Chifa, le quartier de tous les extrêmes.
    À Tanger, le quartier de Bir Chifa a fourni un des plus gros contingents de jihadistes partis pour la Syrie et l'Irak. Des brigades de la vertu y sévissent. À Bir Chifa, radicalisme religieux et délinquance cohabitent.

    5- Jihadistes marocains : de l'Afghanistan à la Syrie.
    Afghanistan, Al Qaeda, Irak, Daech... les jihadistes marocains ont été sur tous les fronts. Retour sur cette histoire et portraits des principales figures qui ont marqué ce mouvement.

    6- Bilmawen : radicalisme contre rites ruraux.
    Mixité, travestissements et inversion carnavalesque des rôles, les traditions populaires rurales sont une cible pour les radicaux, qui menacent tout un pan du patrimoine culturel.

    7- Niqab : simple tissu ou posture idéologique ?
    Le niqab ou la burqa symbolisent la fixation des salafistes radicaux sur la place des femmes dans l'espace public. Derrière le tissu, qui sont ces femmes ?

    8- Chastes ou extrémistes ? Dans la cellule des mineures.
    Le 7 octobre 2016, le jour même des élections législatives, une cellule de dix mineures a été démantelée par le Bureau central des recherches judiciaires et accusée de planifier des opérations terroristes. Ces mineures sont-elles radicalisées ou "chastes" comme l'affirme le comité des salafistes qui a pris leur défense ?

  • Synopsis des enquêtes :

    1. Mais où est le livre ?
    Rareté des bibliothèques, disparités géographiques, fragilité du secteur au Maroc... Le livre et la lecture ne sont pas suffisamment accessibles.

    2. Une bibliothèque comme un point d'eau.
    L'aventure isolée d'un militant de la société civile, dans son village de Bouhouda, au nord de Taounate, pour créer une bibliothèque rurale et initier une dynamique citoyenne.

    3. Les blanches mains de la censure.
    Les publications importées de l'étranger sont soumises à un contrôle exercé par le ministère de la Communication. Officiellement, on ne censure pas au Maroc, mais les procédures font comprendre implicitement que certains titres ne sont pas les bienvenus.

    4. Livres piratés.
    À Rabat et Casablanca, le centre-ville est inondé depuis quelques années de livres piratés, menaçant les librairies déjà fragilisées et dans l'indifférence des pouvoirs publics.

    5. Chercheurs de livres.
    L'absence de dépôt légal et les faiblesses du circuit de diffusion rendent difficile l'établissement d'une bibliographie nationale. La Fondation du roi Abdul-Aziz Al Saoud à Casablanca envoie chaque année deux documentalistes dans quinze petites villes, à la recherche des livres introuvables.

    6. Partir pour exister ?
    L'absence de circuits stimulants du livre au Maroc amène certains auteurs convaincus de leur talent à passer par des circuits éditoriaux étrangers, français et moyen-orientaux selon leur langue, qu'ils résident au Maroc ou non.

    7. Les nouveaux passeurs de livres.
    Pour endiguer le problème de la lecture au Maroc, de nombreuses initiatives ont vu le jour, suite au Mouvement du 20 février, et s'appuie sur les réseaux sociaux. Le numérique au secours du livre...

  • "Arabe, darija, amazigh, français, espagnol... Au Maroc, célébrer la diversité linguistique ne doit pas faire oublier qu'elle est aussi source de tensions. Les langues sont en effet prises dans des enjeux sociaux, économiques et politiques. Le poids de l'histoire coloniale, les hégémonies géopolitiques et les fractures sociales ont installé des représentations souvent caricaturales : français langue de modernité vs arabe assigné à la religion et à la tradition, darija et amazigh dialectes et simples outils de communication vs arabe littéral langue écrite, etc. Ces rapports de force à tous les niveaux génèrent crispations identitaires, obsession de la légitimité et sentiments d'injustice.

    Une quinzaine d'écrivains et d'intellectuels, de langue arabe, de langue française ou bilingues, de plusieurs générations, interrogent cette situation complexe. Au-delà des préjugés et des polémiques, ils plaident pour l'ouverture et la traduction."

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