Futur Luxe Nocturne

  • " On m'a souvent demandé quand je conçus pour la première fois l'idée de tenter d'atteindre le pôle Nord.
    Il est difficile de répondre à cette question ; je ne saurais pointer un jour ou un mois en disant : c'est alors que cette idée me vint pour la première fois. Mon désir de parvenir au pôle Nord grandit en moi, à mon insu, sous l'influence de mes premiers travaux. J'ai commencé à m'intéresser aux choses arctiques vers 1885, lorsque mon imagination de jeune homme s'enthousiasma au récit des explorations du Groenland intérieur par Nordenskjöld.
    Ces études prirent pleine possession de mon esprit et m'amenèrent à entre-prendre tout seul, dans l'année qui suivit, un voyage d'été dans ce continent. Peut-être déjà alors montait il en quelque recoin de mon inconscient, comme un pâle et graduel lever d'aurore, l'espoir qu'un jour j'atteindrais le pôle lui-même. Quoi qu'il en fit, le mirage du Nord. la "fièvre arctique". comme on l'a appelé, s'infiltra dès lors dans mes veines et je compris que mon destin voulait que la raison et le but de ma vie fussent l'éclaircissement du mystère des solitudes glacées de Septentrion ".

  • Le franciscain espagnol Diego de Landa (1524 - 1579), qui fit brûler la quasi-totalité des codex maya passe tour à tour pour un saint et pour un odieux persécuteur.
    Si son nom est associé dans un même mouvement à la destruction des vestiges de la culture maya ainsi qu'à la restitution de leur mémoire, il paraît aujourd'hui inexcusable d'avoir livré aux flammes tant de documents précieux, choses qu'il avoue lui-même ingénument... Cependant, au milieu de ces excès de zèle que nous déplorons si vivement, Landa rendit un immense service aux sciences historiques, en compilant des renseignements précieux et en conservant les caractères de l'alphabet maya.
    Son livre est la clé des inscriptions américaines : sans lui, elles demeuraient une énigme, peut-être pour toujours, comme les hiéroglyphes égyptiens, avant la découverte de Champollion. Outre sa description des moeurs et de la vie quotidienne des Mayas, la partie scientifique de l'ouvrage restitue l'histoire, la religion, la computation des temps, le système d'écriture, la faune et la flore du Yucatan.

  • "Nous verrons dans ce livre comment les bains, amenés par les Romains au plus haut degré du luxe et du confort, furent abandonnés ou oubliés pendant plusieurs siècles ; le Moyen Age les connut peu, la Renaissance les pratiquait un peu plus que le Moyen Age, et nos ascendants les ignoraient presque ; seuls nos contemporains se plaisent à essayer de créer une définitive renaissance des habitudes anciennes."

  • "Un jongleur est un être multiple : c'est un musicien, un poète, un acteur, un saltimbanque ; c'est une sorte d'intendant des plaisirs attaché à la cour des rois et des princes ; c'est un vagabond qui erre sur les routes et donne des représentations dans les villages ; c'est le vielleur qui, à l'étape chante de "geste" aux pèlerins ; c'est le charlatan qui amuse la foule aux carrefours ; c'est l'auteur et l'acteur des "jeux" qui se jouent aux jours de fête, à la sortie de l'église ; c'est l'acrobate qui danse sur les mains, qui jongle avec des couteaux ; le bateleur qui parle et qui mime ; le bouffon qui niaise et dit des balourdises ; le jongleur c'est tout cela et autre chose encore".

  • Cet ouvrage, le premier du genre, en a inspiré d'autres.
    L'histoire des seins reçoit ici un éclairage extrêmement documenté. Des faits légendaires aux faits historiques, en faisant une large part à l'histoire du décolleté, l'oeuvre de Witkowski n'omet pas de s'appuyer constamment sur toutes les anecdotes que les temps ont accumulé sur cette partie si riche symboliquement de l'anatomie féminine.

  • Publiée en 1873, cette monographie très complète vise à réunir l'ensemble des éléments connus sur les fous en titre des rois de France. L'auteur y décrit minutieusement comment l'usage du fou domestique, ce legs de l'Antiquité, renaquit à travers ses métamorphoses dans le contexte chrétien. " J'ajouterai qu'il paraît d'autant plus à propos de parler des fous, que leur emploi n'est pas une des particularités les moins remarquables de l'histoire des moeurs, et que cette histoire vaut bien l'histoire-bataille, qu'on nous a longtemps exclusivement servie sous toutes les formes. C'est un fait acquis qu'il y a dans l'histoire d'un peuple, autre chose à mettre en lumière. Qui ne connaît, au moins dans leurs principaux détails, ces fêtes des fous, nées au sein de l'Eglise elle-même et dont les derniers vestiges ne s'effacèrent complètement que longtemps après la Renaissance? - Ces associations bouffonnes de la Mère Sotte, des Couards? - Ce grotesque usage du charivari? Le jour des Innocents, le jour des Rois, le Mardi-Gras, le premier jour d'avril, le premier jour de mai ? Le recours au fous ou aux bouffons rentre dans la même catégorie, a sa même raison d'être: l'intervention de la folie pour suppléer à ce qui manquait. "

  • D'une façon aussi attrayante que suggestive, c'est par les petits côtés que l'auteur a pris l'histoire du voyage à travers les âges.
    Il s'agit, non pas même des moyens de transport proprement dits et de leurs successives vicissitudes. mais tout simplement des coffres, bahuts, malles, valises et autres bagages dont se sont servis les voyageurs aux différentes époques et dans les différents pays, dans leurs pérégrinations vagabondes. A ce compte-là, l'histoire des bagages se confond, au même titre que l'histoire du mobilier et du vêtement, avec l'histoire des idées et des moeurs.

  • "Le service des éléphants est le seul point de l'ancienne tactique qui n'ait pas encore été examiné d'une manière spéciale et méthodique; et l'on a lieu de s'étonner de cette omission lorsqu'on pense aux imposants souvenirs que ces redoutables animaux ont laissés dans l'histoire. En effet, depuis l'époque d'Alexandre jusqu'à celle de César, c'est-à-dire pendant les trois siècles de l'Antiquité les plus féconds en grands événements, il n'y a presque pas eu de guerre, dans les contrées qui entourent le bassin de la Méditerranée, où les éléphants n'aient exercé une grande influence, soit comme moyen de victoire, soit comme cause de revers. C'est l'expédition du conquérant macédonien qui forme le véritable point de départ de l'histoire militaire des éléphants : c'est, en effet, le premier événement bien constaté où ces animaux aient joué un rôle sur le champ de bataille, et c'est la première occasion qu'aient eue les Grecs de les connaître et de les combattre. Les successeurs d'Alexandre introduisirent les éléphants dans le monde occidental. Les Lagides, et surtout les Séleucides, en eurent beaucoup dans leurs armées ; Antipater amena en Grèce les premiers qu'on y vit; Pyrrhus en transporta un certain nombre en Italie, et fournit ainsi aux Romains l'occasion de s'habituer à triompher de ce nouveau moyen de guerre, que, dans la lutte à mort qui était sur le point de s'engager entre eux et Carthage, ils allaient avoir si souvent à repousser. Les rois de Numidie adoptèrent ce service à l'imitation des Carthaginois. Jugurtha opposa vainement ses éléphants aux légions de Métellus; Juba ne fut pas plus heureux dans l'essai qu'il fit des siens contre César; enfin, les Romains voulurent, à leur tour, suivre l'exemple des nations que nous venons d'indiquer; mais ils n'attachèrent jamais qu'une faible importance à leurs éléphants, et ils ne tardèrent pas à y renoncer."

  • Publié en 1908 sous le titre Les pamphlets libertins contre Marie-Antoinette, d'après des documents nouveaux et les pamphlets tirés de l'Enfer de la Bibliothèque Nationale, cet essai d'inspiration jacobine - présenté par l'auteur comme une " étude " - fut écrit dans un esprit de revanche : " Ce qui manque le moins dans les centaines de volumes consacrés à Marie-Antoinette, ce sont les apologies ", écrivait alors Fleischmann, adoptant, quant à lui, la perspective la plus proche de l'esprit des pamphlets : " Sans doute, il ne s'agit point ici d'accabler la mémoire de Marie-Antoinette : à cette tâche elle se suffit.
    " Si l'on peut questionner l'idéologie qui anime Fleischmann, son approche des sources pamphlétaires se révèle minutieuse et inédite. Catalogue des turpitudes longtemps consigné dans l'Enfer des bibliothèques, le corpus des pamphlets libertins contre Marie-Antoinette n'est pas fait pour décevoir: les représentations d'une sexualité compulsive et l'appât du lucre y tracent l'espace intime de la dépravation.
    L'exécration adhère à chaque ligne. Le désir d'humiliation publique qui présidait à la rédaction des pamphlets n'est pas seulement le fait de révolutionnaires; les libelles royalistes, du " parti français " hostile à l'avènement d'une reine autrichienne avaient ouvert la voie.

  • Cette étude inspirée de l'Histoire de la prostitution de Dufour est construite à rebours du concept d'"amour courtois".
    La description du commerce des charmes dans toutes les classes de la société, l'histoire des mauvais lieux ainsi que l'ensemble d'anecdotes qui s'y attachent forment une galerie haute en couleurs qui à trait à l'histoire des moeurs médiévales. L'on y passe des cours royales aux cours des miracles, du libertinage aux amours tarifées, du vocabulaire des ruffians aux différentes législations adoptées pour encadrer les moeurs publiques et privées.

  • Les mémoires des frères Dalton ! Bien des lecteurs seront surpris.
    C'est Emmett, le plus jeune des Dalton, unique survivant du carnage final, qui tient la plume et qui raconte. Nous n'en dirons pas plus. L'heure n'est-elle pas venue de savoir si le gang le plus célèbre de l'Ouest était à la hauteur de sa légende ?

  • " Ce ne sera pas sans répugnance, ce ne sera pas sans avoir soutenu une lutte contre moi-même.
    Mais qui dit mémoires, dit confession. " Testament littéraire de la " dynastie " des bourreaux Sanson, Sept Générations d'exécuteurs dépeint le voisinage de la mort du point de vue de ceux-là mêmes qui étaient chargés des plus basses oeuvres. Les exécutions qui s'y succèdent : Charlotte Corday, Louis XVI, Cartouche, Damiens, Danton, Robespierre, Lacenaire, etc. sont ici perçues dans un contexte intime, empreint de compassion.
    Publié en 1862 par Henri-Clément Sanson, dernier représentant de la lignée, cet ouvrage, alors sulfureux, fut un temps célèbre. Par la suite, il sombra dans l'oubli. Après un siècle et demi d'occultation de l'oeuvre, en voici la réédition, épurée de ce qu'avait pu y adjoindre le publiciste chargé par l'éditeur de romancer certains chapitres. La longueur de l'ouvrage - six tomes in 8° - dictait également les impératifs d'un découpage.
    L'essentiel des Mémoires des Sanson réside, croyons-nous, dans ces pages minutieusement choisies.

  • « A quoi tient-il que je sois devenu explorateur? Exactement à rien, car, depuis l'âge de quinze ans, je poursuis inflexiblement cette carrière et tends vers un but nettement dé ni. Toutes les explorations que j'ai accomplies résultent de projets mûris sans cesse, d'une préparation laborieuse et d'un travail consciencieux des plus rudes ».
    Voici l'image d'un destin.
    Né en 1872, Roald Amundsen doit être considéré comme l'explorateur le plus complet de son siècle. De la conquête du Pôle Sud à la découverte du mythique « passage du Nord- Ouest », son récit est la réitération d'une affirmation constante : le but sérieux de toute vie, l'exigence d'avoir une réelle destinée.
    Mais comment devient-on Amundsen ? Ce livre est une tentative de réponse à cette merveilleuse question.

  • Lancée en 1931 par André Citroën, la Croisière Jaune, qui se déroule du 4 avril 1931 au 12 février 1932 fut l'un des raids automobiles parmi les plus audacieux du siècle dernier : relier Beyrouth à Pékin en suivant l'ancienne route de la soie par l'Himalaya avec des autochenilles.
    Divisée en deux groupes, l'un partant de Beyrouth, l'autre de Pékin, l'expédition s'engage dans une mémorable traversée de l'Asie. Au-delà de l'exploit technique et sportif, le raid se double d'une entreprise scientifique qui n'est pas sans rappeler les missions des grands découvreurs des siècles passés.

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