Images En Manoeuvres

  • De 1852 à 1953, plus de 100000 condamnés ont subi leur peine dans les bagnes coloniaux de guyane et de nouvelle-calédonie.
    Les archives nationales d'outre-mer, publient pour la première fois des correspondances de ces hommes et de ces femmes mis au ban de la société et exilés à des milliers de kilomètres de la métropole. ce recueil intitulé " lettres du bagne " nous fait entendre les voix de ces innombrables inconnus, - qui décrivent leur nouveau cadre de vie, racontent leurs souffrances, demandent un adoucissement de leur peine ou tout simplement des nouvelles de leurs familles - et nous permet ainsi de pénétrer dans l'univers mythique du bagne, si mal connu dans sa réalité quotidienne.

  • « Pieds nus, vêtu d'un sampot et d'une veste de toile, le visage entouré d'une longue barbe et à l'abri sous un large chapeau, ainsi apparaît Auguste Pavie, explorateur et diplomate.
    À pied, en charrettes à boeufs, en pirogue ou à dos d'éléphants, seul ou avec quelques compagnons fidèles, Pavie va sillonner pendant des années le Cambodge et le Laos. Il est l'exemple d'une carrière fulgurante comme les colonies pouvaient le permettre alors. Simple commis des télégraphes en 1869, vice-consul à Luang Prabang au Laos en 1885, il finit ministre plénipotentiaire en 1896, commandeur de la Légion d'honneur. Quand Pavie arrive en Indochine, cela fait à peine dix ans que la France y a pris pied. En 1895, quand il regagne la métropole, grâce à lui les territoires laotiens font partie de l'Indochine française. En quelques années, il a repoussé les prétentions siamoises sur une partie du Laos au mépris des fièvres et du danger, rallié les Pavillons noirs, pirates assassins de Francis Garnier et du commandant Rivière qui dévastaient le nord du Tonkin, fait du grand seigneur thaï Deo van Tri un ami fidèle de la France. On retiendra aussi de Pavie sa grande humilité et son humanité, son extraordinaire facilité à entrer en contact avec les populations. À l'heure où les débats suscités par la colonisation peuvent être encore violents, il est intéressant de se pencher sur un personnage complètement oublié, sur ce « grand humain de l'Indochine », « ce vainqueur aux pieds nus » ainsi que le nomme un de ses biographes, sur cet homme qui est un des rares à pouvoir dire : « Je connus la joie d'être aimé des peuples chez qui je passai. » Pavie nous transporte dans une Indochine authentique, au Laos, royaume du million d'éléphants et du parasol blanc, à Luang Prabang, cité du Bouddha d'or et du flamboyant, sur le Mékong, fleuve mythique, qui après lui ont attiré voyageurs et artistes comme Jean Bouchaud et André Maire.

  • La construction, à partir de 1840, d'un nouveau port à Marseille, au nord du fort Saint-Jean, puis son extension, au XXe siècle, toujours plus à l'ouest vers Lavéra, Berre, Port-de-Bouc et finalement Fos-sur-mer, ont été pour l'essentiel l'oeuvre d'une administration méconnue, le Service maritime des Bouches-du-Rhône. Rattaché aux Ponts et chaussées avant d'être intégré au Port autonome de Marseille, ce service a été et demeure l'aménageur du littoral des Bouches-du-Rhône. Partenaire des collectivités locales, des chambres de commerce et d'industrie de Marseille et d'Arles, de la Compagnie des docks, des armateurs ou encore des chantiers navals, le service maritime a constitué un fonds d'archives d'une ampleur et d'un intérêt exceptionnels, aujourd'hui conservé aux Archives départementales des Bouches-du-Rhône. Ces archives, qui font figure de véritable mémorial de l'ingénierie industrielle française, renouvellent en profondeur l'histoire de l'expansion maritime et commerciale de Marseille.

  • Décrire la vie d'un groupe de migrants grecs en Basse-Camargue, à Salin de Giraud, parmi des ouvriers venus de tout horizon - de France ou d'Europe, voire d'Asie ou d'Afrique -, dans un lieu sans passé ni histoire jusqu'à l'implantation d'une usine au milieu du XIXème siècle, c'est ajouter une pièce au grand puzzle de notre société dont l'ensemble dessine une France bigarrée. Ce visage haut en couleurs, elle l'a modelé grâce à sa tradition d'accueil, aujourd'hui menacée, et pourtant si fertile. La Grèce est depuis fort longtemps une terre d'émigration. D'abord propres aux îles aux conditions de vie très dures, les exodes économiques ont gagné l'ensemble du territoire à la fin des années 60. Le retour à la démocratie, puis l'entrée dans l'Europe ont fait naître l'espoir que l'hémorragie humaine allait enfin être jugulée. Hélas, la Grèce nous rappelle cruellement aujourd'hui qu'elle n'en a pas fini avec l'exil de ses enfants. L' horizon bouché par la crise actuelle fait fuir la jeunesse vers des cieux où mieux vivre. On imagine leur désarroi quand certains se voient contraints d'aller travailler chez l'ennemi héréditaire, en Turquie. Au moment où j'écris ces lignes, le gouvernement, qui a hérité d'une situation catastrophique aux multiples facteurs, vacille et le spectre de la dictature ressurgit.
    Ces mémoires de saliniers grecs n'appartiennent donc pas, malheureusement, à un passé aboli. Ils illustrent également les mouvements migratoires qui rythment le cours du monde, ou même préfigurent notre sort. Car qui peut se dire aujourd'hui à l'abri d'un déracinement dû aux tourmentes de l'économie, de la politique ou de la religion ? Mais la leçon qu'ils nous donnent, c'est la formidable capacité des hommes à se reconstruire dans un milieu qui n'était pas le leur, en adopter les valeurs, s'y intégrer pleinement, sans oublier d'où ils viennent, ni renoncer à transmettre cette part étrangère qui leur est propre. A. M.

  • Originaire d'Italie, la famille Foresta est l'une des plus fameuses lignées aristocratiques de Provence. Parlementaires, chevaliers de Malte, dignitaires religieux, hauts fonctionnaires ou hommes politiques, ils ont maintenu sans faillir le renom de la famille du XVIe au XIXe siècle. Ils ont aussi tenté de perpétuer un patrimoine foncier considérable qui fournissait la rente leur permettant de vivre noblement. De ces hauts faits publics comme de ces efforts domestiques, des archives exceptionnelles, désormais déposées aux Archives départementales des Bouches-du-Rhône, ont tenu la chronique. Cet ouvrage, non content d'en dresser l'inventaire, publie des textes autobiographiques entièrement inédits qu'ont écrit trois des Foresta : d'une génération à l'autre, de l'Ancien Régime à la IIIe République, ils livrent des témoignages, poignants de sensibilité, sur un monde qui se transforme et dont ils échouent à comprendre l'aspiration irrésistible à l'égalité des conditions.
    Présentation le samedi 14 octobre matin aux Archives et Bibliothèque départementales Gaston Defferre à Marseille, dans le cadre du colloque "Vivre noblement en Provence de Louis XIV à la Grande guerre" co-organisé avec la Fédération historique de Provence.


  • pierre savorgnan de brazza est une des grandes figures de l'expansion coloniale française.
    né italien, naturalisé français, très tôt il rêve de partir sur les traces des grands explorateurs comme richard francis burton ou david livingstone. fasciné par l'afrique qui prendra trente ans de sa vie, il va donner à sa patrie d'adoption, à laquelle il sera toujours fidèle, un immense territoire : le congo. il fait partie des explorateurs et conquérants pacifiques au même titre que treich lapleine en côte d'ivoire ou auguste pavie au laos.
    héros populaire et légende de son vivant, c'est le libérateur des esclaves, le va-nu-pieds sans armes, l'apôtre de la civilisation, celui qui est aimé des populations qu'il rencontre. pourtant brazza a contribué par ses missions à introduire les rivalités européennes sur le continent africain. il est pour une part acteur du douloureux destin du congo. encore aujourd'hui cet homme complexe, profondément humaniste, mais quelque peu utopiste continue d'avoir un destin extraordinaire.
    a la demande de sa famille, il repose depuis le 3 octobre 2006 à brazzaville.

  • Ce livre contient la transcription des histoires d'habitants de Marseille, racontées dans la vidéo d'Esther Shalev-Gerz, réalisée dans le quartier de Belsunce à Marseille. Une rencontre particulière avec ces 56 personnes qui nous accueillent chez elles. Autant de dons d'ouverture, d'indignation, d'imagination et de créativité. Des paroles qui laissent des traces d'urgence contemporaine et ouvrent le processus même de la création.

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