La Cause Des Livres

  • "J'ai recherché des gens, qui, comme moi, étaient habités par une histoire qu'ils n'avaient pas vécue ". Tel est le point de départ de la quête de Helen Epstein, et de ses convesrsations avec des enfants de survivants de la Shoah. Au travers ces témoignages, ces histoires et une analyse historique et psychologique, l'auteur propose une réflexion sur la tansmission et sur l'adaptation des enfants aux effets de ce traumatisme. Que comprendre des silences, des colères, des difficultés de ces parentsoe Quels sont les effets d'une catastrophe humaine à grande échelle sur les descendants des "revenants" des génocidesoe Ces questions sont devenues depuis quelques années un champ d'investigation au confluent de a médecine, de la psychologie, de la sociologie.

  • Ce récit est un témoignage sur la réalité du monde juif d'Europe de l'Est avant 1945. C'est aussi un document sur l'Armée Rouge et le système stalinien vécu de l'intérieur. Né en Lituanie en1922, Moïshé Rozenbaumas raconte la vie de cette société pauvre et laborieuse à la veille de sa destruction. Seul rescapé de sa famille restée en Lituanie, il doit sa survie à sa fuite qui le conduit jusqu'aux frontières de la Chine. Il connaït l'internement dans un kolkhoze d'Ouzbékistan, puis passe quatre années dans l'Armée rouge. Il connaît la violence des combats, la rigueur du froid, la faim, la peur, auxquels il résiste par sa volonté de vivre. Il devient cadre communiste à Vilnius où il connaït de l'intérieur l'enfer du système stalinien. En 1957, il s'enfuit en France avec sa femme et ses deux enfants, où il parvient à retrouver la vie normale, sa dignité d'homme, et sa rage de vivre contre la fatalité de l'histoire.

  • " Les paroles qui se croisent entre grands-parents, parents et petits-enfants reflètent trois moments de la vie de la bourgeoisie juive argentine : le grand-père immigrant, qui, fraîchement débarqué de Russie, devient un commerçant prospère et un actif dirigeant de sa communauté (il fut président de la naissante organisation communautaire de 1908 à 1912), mais élève ses enfants dans l'ignorance de toute tradition historique et religieuse ; le fils assimilé, médecin prestigieux, qui, en épousant une juive alsacienne, néglige encore un peu plus ses propres racines ; et le petit-fils entrepreneur, sans la moindre notion sur ses origines, qui, jeune adulte, émigre en France. Protagoniste de cette histoire singulière, ce "juif perplexe" qu'est le petit-fils va faire progressivement la découverte du judaïsme. Les lettres échangées entre le père et ses amies, délicieusement snobs et très représentatives des années vingt, et les incroyables photographies de ces beautés frivoles coiffées "à la garçonne" font de ce livre une sorte de "roman-photo" social et familial. Les dialogues entre Felipe, l'Argentin, qui, devenu Philippe, le Français, finit par accepter Frumkin, le Juif, pour les réunir tous trois au sein d'un "Moi" englobant ses autres identités sont aussi des paroles qui se croisent par-delà le temps.
    Un récit d'immigration avec une problématique inespérée, à mille lieues de la vieille malle ou du baluchon à l'épaule avec les modestes effets. Sans esprit moralisateur et avec un sens de l'humour qui rend facile la lecture de ces échanges entre générations, l'auteur propose un retour aux sources, non comme un port d'arrivée, mais comme une voie ouverte pour continuer la recherche." Alicia Dujovne Ortiz

  • Dans cette nouvelle quête, Helen Epstein retrace et interroge le parcours de son père, Kurt Epstein (1904-1971), juif tchèque, sportif de haut niveau, qui opposa, durant toute sa vie, sa volonté et son endurance aux stéréotypes et aux préjugés.
    Devenu champion de water-polo, Kurt fut le seul des cinq juifs de son équipe à participer aux Jeux olympiques « nazis » de Berlin en 1936, malgré l'appel au boycott. 
    Kurt fut déporté pendant la Seconde Guerre mondiale, mais réussit à survivre et revint à Prague. Après le coup d'État communiste de 1948, il décida de quitter la Tchécoslovaquie avec femme et enfant, « en maillot de bain s'il le fallait ». 

  • De 1940 à 1943, Jean-Claude Dreyfus a cherché sans relâche, de Paris à Toulouse, de Lyon au Bugue en Dordogne, de Rouen à Annecy, comment exercer son métier : médecin. Avec son humour très particulier, Jean-Claude Dreyfus nous raconte son odyssée personnelle, témoignage rare d'un jeune interne des hôpitaux subissant les lois d'exclusion et de marginalisation sociale de l'antisémitisme d'état sous l'Occupation.
    Son récit est traversé par une question universelle : comment passer ce temps-là ?

  • « Il avait fallu que je tombe sur ce livre par hasard. » Le narrateur se souvient alors du temps où, jeune technicien, il fut envoyé à Leningrad - Saint - Pétersbourg aujourd'hui - pour sa première mission. Nous étions en 1978, l'Union Soviétique, était encore l'empire communiste qu'il restera jusqu'en 1989. Ses discussions avec Luigi, la réalité de la vie de ses collègues russes derrière le rideau de fer, les liens qui se tisseront, autant de révélations qui vont bouleverser le jeune homme qu'il était alors.
    « Malgré nos promesses de correspondance et de visites ultérieures, aucun de nous n'était dupe. Le regard de Nina lors de notre baiser d'adieu et la longue poignée de main que j'avais échangée avec Youri en disaient plus long que bien des discours, et restaient les deux impressions les plus vives au fond de ma mémoire. J'avais la sensation de les avoir laissés enfermés dans leur prison. » Nous suivons dans ce travelling arrière un homme qui a mûri et se retourne vers ce qui fut un voyage initiatique dont il ne mesurera la portée que bien des années plus tard, à la faveur d'une rencontre fortuite avec l'oeuvre de Primo Levi.
    "Un texte sobre et intense sur une maturation secrète dont la ville a seule la magie". Le Monde des Livres, 25/04/2003,

  • « Le monde est fatigué de la haine » écrivait Gandhi en son temps.
    « Mon Dieu, qu'a-t-on fait pour mériter ça ? " se demandait une journaliste, un matin, il y a peu.
    De l'étrangeté du monde a jailli cette ritournelle de mots et de dessins, autobiographie en creux d'une femme du XXIe siècle.
    Le mot « fatigue » est l'un des mots les plus employés de la langue française, sûrement. Christine Waldeman s'en est emparée. Artiste, sensible au monde qui l'entoure, elle n'est pas déprimée. Elle est révoltée. De sa révolte est né cet inventaire à la Pérec.
    Les dessins, langage universel, sont intimement liés au texte.

    Fatigue mon amour, un cocktail d'humour et de révolte qui fait du bien.
    A consommer sans modération.

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